Tell To Treat

Deuxième partie

Autrefois, je me sentais vivante, libre, comme si rien n’avait d’importance, comme si rien ne pouvait m’arrêter ni m’atteindre. J’étais si forte et tellement fière de mon parcours atypique si je puis dire… mais depuis cet accident en 2006, j’ai l’impression de vivre avec un compte à rebours sur ma tête, près à sonner le glas ultime, et pourtant, cela n’en finit pas… Cela recommence s’en cesse, et rien ni personne ne l’arrête… en vain…

Puis il y a cet air dans ma tête, qui me nargue :
Je le vis au quotidien ;
Et personne ne remarque rien ;
Le seul remède ;
C’est de vivre avec ses douleurs et de fermer sa gueule !

Et ses images dans ma tête, qui se bousculent :
Je vois une jeune fille courir vers les escaliers. Elle s’élance, se penche, et glisse sur la rambarde ;
Un sourire se dessine sur les lèvres, elle a l’air libre, heureuse et épanouie ;
Soudain… elle bascule, s’accroche à la rambarde de sa petite main, puis tombe ;
Je la regarde tomber, sans bouger comme si j’étais pétrifiée, c’est trop tard, je ne peux pas l’aider…

Pendant longtemps, j’ai cru qu’il s’agissais d’une sorte de souvenir de mon accident, mais ce n’est pas moi qui vis l’action, et, en y repensant, je suis tout bonnement incapable de dire quel jour nous étions ce jour-là, ni même le mois. Je ne sais pas comment j’étais habillée, ce que je faisais avant de tomber, à quoi je pensais pendant mon choc émotionnel et qui était à la maison hormis maman qui m’a trouvé.

Quand j’ai repris connaissance, et que je me suis levée, je me souviens d’avoir eu mal, tellement mal. C’était horrible, mais à cet instant, j’avais pensé qu’il valait mieux ne rien lui dire, pour ne pas l’inquiéter, et, le fait de savoir que j’allais bien, l’avait rassurée.

Cette douleur en moi, m’a fait prendre conscience de l’erreur que j’avais commise. Il était évident que j’allais souffrir, et ce, toute ma vie, mais c’était de ma faute et uniquement de ma faute. J’étais prête à relever la tête dignement et recevoir la punition que je méritais, celle de la souffrance sans jamais oser me plaindre.

Ce jour-là, j’ai perdu une partie de moi, de mon identité. J’ai ressenti et je ressens toujours un grand vide en moi. J’ai le sentiment qu’il me manque quelque chose d’essentiel pour continuer et j’ai perdu confiance, mais en contrepartie, j’ai gagné rapidement en maturité, pour faire face à ce qui m’attendais.